mercredi 25 novembre 2009

citation du jour






John Wyndham, écrivain anglais
Formula un jour en substance
qu'il fallait aux poètes voler
Leurs idées sous forme de sentences
Pour superbement riposter
Quelles que puissent être les circonstances

N'en déplaise au grincheux Cioran
Les petites phrases sont bien pratiques
On peut même dire, c'est du nanan
Quand il s'agit d' lancer des piques
Ou, sans vouloir être insultant,
Simplement donner la réplique

Les citations disent joliment
Ce qui serait bien ordinaire
Certains en usent impudemment
Se faisant passer pour experts
Haro sur les outrecuidants
Qui aiment se la jouer pamphlétaires

Et qui sont sûrs de bien parler
Parce qu'ils répètent fort à propos
Une ou deux p'tites phrases bien troussées       
Qui en bouchent un coin aux gogos
Pas difficile de dégonfler
La boursouflure de ces cabots

Ceux qui débitent avec emphase
Les mots volés à quelques autres
Croient qu'il suffit de quelques phrases
Pour endosser le rôle d'apôtres
Ne sont en fait que des gros nazes
Qui s'illusionnent et qui se vautrent

Pour bien parler, faut ses idées
Et arrêter les citations
Exit enfin l' prêt-à-penser
Et les guillemets à profusion
Tant pis si on ne peut plus briller
Au moins, on ne passe plus pour un con

lundi 23 novembre 2009

midinettes mi-démons





C'est pas parce que nous sommes des filles
Que nous sommes forcément gentilles
Notre sourire à la Joconde
Recèle souvent un cœur immonde

Notre seule ambition dans la vie
C'est d'être Angelina Jolie
Et d' faire l'amour avec Brad Pitt
Ca, et plus avoir d' cellulite

Y en a certains, manquant de jugeote,
Qui nous croient complètement idiotes
Ils disent que si on aime les maths
C'est à cause du prof qu'on convoite

La jalousie les rend méchants
Ils feraient mieux d' prendre les devants
Nous proposer d' boire un café
Et même plus si affinités

Comme nous suivre dans les magasins
Yeux dans les yeux, main dans la main
Nous offrir des bijoux, des fringues
Ce genre de trucs qui nous rendent dingues

On voit bien à leurs yeux qui brillent
Qu'ils sont comme des chiens qui frétillent
D' la queue pour exprimer leur joie
Vraiment, ils s' mettent dans des états !

C'est pas parce que nous sommes des filles
Que nous sommes forcément gentilles
Notre sourire à la Joconde
Recèle souvent un cœur immonde


vendredi 20 novembre 2009

bande de djeuns





"Société, on vous hait"
Un bon titre à chanter
La musique, y a qu' ça de vrai
Malgré nos voix de faussets

Être ado, c'est pas gai
Cheveux gras et acné
Mais vous y êtes passés
Donc foutez-nous la paix !

Les parents font tous chier
Jusqu'à nous étouffer
Font rien qu' nous emmerder
A toujours nous fliquer

Malgré nos airs bênets
La vraie vie, on connaît
A mater la télé
Jouer à la PSP

Même qu'on nous dit drogués
Nous, ça nous fait marrer
On continue d' rêver
Entre potes déconner

Les filles, c'est pas gagné
Elles nous snobent : quel toupet !
Pourtant on met le paquet
Or ça reste sans effet

On prend quand même notre pied
Tout c' qu'on préfère siffler
C'est d' la bonne bière ambrée
Et pas les filles, ok ?

"Société, on vous hait"
Un bon titre à chanter
La musique, y a qu' ça de vrai
Malgré nos voix de faussets


mercredi 18 novembre 2009

fait froid au Pôle-Emploi







Asseyez-vous, m'sieur Blaise
Prenez donc une chaise
Attention, pas celle-ci !
Croyez-moi si je vous dis
C'est pas qu'elle est bancale
Mais elle est musicale

Très vite, vous vous y f'rez
A votre cage dorée
Bougez pas de votre coin
N'allez pas faire du foin
Et vous rest'rez peinard
Au fond de votre placard

Ca serait bien dommage
De pointer au chômage
Ah ! trop tard ! vous y êtes ?
Renvoyé d'une pich'nette ?
Dites-donc, sauf vot' respect,
Y a qu' ça sur vot' CV ?!!

J' suis pas un rabat-joie
Ici c'est l' Pôle-Emploi
Vous n'êtes pas là pour rire
Je dois vous avertir
Aller aux rendez-vous
Est un sérieux atout

Passer des entretiens
Et revenir sans rien
C'est que d' la mauvaise foi
Sur le chemin de croix
Sûr, c'est jamais gagné
Faut pas trop chipoter

J'en connais trop qui pensent
Pouvoir s' remplir la panse
Sur le dos de l'Etat
Et vivre du RSA
Ils rêvent de bohème
Et renient le système
 
Bien sûr c'est pas facile
Faut se montrer docile
Mais ne vous en déplaise
Ramenez pas votre fraise
Ne jouez pas les snobs
Et vous aurez un job

Récitez-vous ce psaume
Au diable les diplômes
Du bagou, de l'aplomb
Vous ferez illusion
Et sign'rez un accord
Pour un travail en or


chanson des habitués du petit matin







C'est une délectable habitude
De v'nir s'offrir un interlude
Déblatérer des platitudes
Dans la torpeur et l'hébétude

A la même heure, tous les petits matins,
Matin-bonheur, matin-chagrin,
On passe ici avant l' turbin
Boire un p'tit coup, serrer des mains

Y a le patron et les copains
Y a même parfois quelques putains
Que du beau monde, des boute-en-train
C' qui fait l' gratin du genre humain

C'est une délectable habitude
De v'nir s'offrir un interlude
Débagouler des certitudes
Dans la torpeur et l'hébétude

Que les snobinards pass'nt leur chemin
Qui r'gardent le bar avec dédain
On n'aime pas voir les argousins
Traîner ici leurs airs hautains

C'est une délectable habitude
De v'nir s'offrir un interlude
Déblatérer des platitudes
Dans la torpeur et l'hébétude




Beau Gosse qu'on l'appelait, Eddy




Beau Gosse qu'on l'appelait
c'était pas qu'un surnom
pour lui toutes se pâmaient
rêvant à l'unisson
qu' c'est elle qu'il choisirait
pour vivre le grand frisson

il s'appelait Eddy
comme l'autre Merckx à vélo
un grand coureur aussi
un as du vibrato

s'il portait des bijoux
c'était pas une femmelette
juste qu'il avait du goût
fallait vraiment être bête
pour lui chercher des poux
et risquer un coup de tête

il s'appelait Eddy
comme l'autre Merckx à vélo
un grand coureur aussi
un as du vibrato

il buvait son mousseux
laissant le p'tit vin blanc
aux aut' maquereaux miteux
qu'étaient trop regardants
il était pas comme eux
Eddy, c'était un grand

il s'appelait Eddy
comme l'autre Merckx à vélo
un grand coureur aussi
un as du vibrato

Eddy, c'était la classe
moi j'étais sa maîtresse
il m'aurait pas fait de crasse
si j'étais en détresse
il faisait toujours face
et je le payais en fesse

il s'appelait Eddy
comme l'autre Merckx à vélo
un grand coureur aussi
un as du vibrato





chanson des dominos




ce jeu, donc, est bien plus qu'un jeu
ça n' rigole pas, c'est du sérieux
il faut être un brin belliqueux
pour tirer son épingl' du jeu

double un, c'est bien
double deux, c'est mieux

en bakélite, bois ou ivoire
les vingt-huit pièces à gros points noirs
peuvent vous donner les pleins pouvoirs
sur l'adversaire, c'est exutoire

double trois, ma foi
double quatre, j'attaque

pour bien démarrer la partie
faut s'assurer d'être bien servi
puis surveiller qu' y a pas tricherie
afin d'éviter tout conflit

double cinq, je trinque
double six, je kiffe !

y a pas que les vieux pour jouer
c'est quoi encore que ce cliché ?
non, vraiment, venez essayer
vous s'rez pas déçus, vous verrez

double un, c'est bien
double deux, c'est mieux
double trois, ma foi
double quatre, j'attaque
double cinq, je trinque
double six, je kiffe !



chanson des petits gâteaux








Lorsqu'on atteint notre âge
Ça serait quand même dommage
De se priver encore
Pour une belle ligne de corps

Quand vient l'heure du goûter
On aime se dorloter
En s'offrant un gâteau
Tant pis pour les kilos

Nos maris nous infligent
Leur passion pour le bridge
Nous préférons la table
De plaisirs plus goûtables

Dans le salon de thé
Nous aimons déguster
Du thé, une bonne assiette
Et tailler une bavette

Il faut bien être honnêtes
A l'heure de la retraite
C'est tout ce qu'il nous reste
Les gâteaux et la sieste

Lorsqu'on atteint notre âge
Ça serait quand même dommage
De se priver encore
Pour une belle ligne de corps







chanson des pouffonnes




 

C'est pas ce qu'elles ambitionnent
Mais à voir ces gorgones
Qui s' trémoussent et ronronnent
On se dit qu'y a maldonne

Bref, elles en font des tonnes,
ce sont de vraies pouffonnes

Même si elles se pomponnent
Elles sont pas folichonnes
Y en a une qui bourgeonne,
Hey ! C'est l' printemps, Yvonne !

Bref, elles en font des tonnes,
ce sont de vraies pouffonnes

Quand y en a une d' mignonne
Hélas ! C'est une friponne
Il faut qu'elle papillonne
Ou encore qu'elle mich'tonne

Bref, elles en font des tonnes,
ce sont de vraies pouffonnes

Mais qu'est-ce qu'on s'en tamponne
A moins qu'on les bâillonne
C'est pas qu'elles soient trop connes :
Qu'elles se contentent d'être bonnes !

Bref, elles en font des tonnes,
ce sont de vraies pouffonnes